Blogue de La Romaine

Stages en soins infirmiers

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Bonjour tout le monde,
je voudrais vous faire part de quelques événements qui me sont arrivés cette semaine. Pour commencer, Mathieu et moi avons reçu un petit garçon de 9 ans qui a eu un accident de VTT. Heureusement, il n’était pas trop mal au point. Il est tombé du VTT lorsque son frère de 14 ans a tourné le coin de la rue trop rapidement. Nous avons fait un examen neurologique qui ne démontrait aucune atteinte à ce niveau. Il avait un hématome au niveau de l’occiput d’environ la grosseur d’un œuf.
Ensuite, vers le milieu de la semaine, j’apprends qu’il y a un chien à euthanasier. J’ai donc sauté sur l’occasion pour pouvoir avoir une nouvelle expérience qui élargit mon rôle d’infirmier. Ce vieux chien était très mal en point. Il avait une hémiplégie, des tumeurs au niveau de l’abdomen et de l’œil gauche…. Finalement, l’intervention s’est très bien passée. Je dirais que le plus dur n’était pas d’euthanasier le chien, mais c’était de voir les membres de la famille pleurer et nous dire à quel point ils l’aimaient.
Le reste de la semaine à été très calme, même trop. Les consultations étaient des denrées rares et nous devions presque nous battre pour décider qui allait les faire.
J’étais supposé partir à la chasse au moyak avec un Innu nommé Jeannot la semaine passée, mais finalement, nous avons eu des empêchements à la clinique et nous n’y sommes pas allés. De ce fait, nous avions remis cette journée de chasse à cette fin de semaine. La moyak est un petit oiseau marin nommé en français eider à duvet.
Donc, dimanche matin, Jeannot arrive avec son VTT et sa chaloupe pour venir me chercher. Pour aller au « spot » de chasse, nous devions aller à environ 20 minutes de chaloupe vers l’est, au large. Le camps de chasse était sur une petite île de roches au milieu de nulle part nommée « la pointe plate ». Pour chasser la moyak, il faut mettre de petits canards en plastique pour les attirer. Après quelques minutes seulement, on voyait les bancs d’oiseaux comprenant des centaines d’individus arriver vers nous. Lorsqu’ils passent près de nous, on se penche derrière les roches et on les tire. Après avoir tué 3 ou 4 moyaks, on se déplace en chaloupe pour aller les chercher dans la mer.
Au total, nous avons pris 8 oiseaux. Pour faire profiter à tout le monde le fruit de notre chasse, Jeannot nous a préparé un excellent repas traditionnel avec le gibier chassé et tout le monde a apprécié. Il a même fait lui-même de la bannique. Merci beaucoup Jeannot!
Samuel

Sans nomSans nom
Sans nomSans nom
JeannotJeannot
Les prises de SamuelLes prises de Samuel
Jeannot fait de la banniqueJeannot fait de la bannique

Samedi dernier, nous avons été invités par des employées du dispensaire, à profiter d’une journée sous le shaputuan (tente). Marie-Jacqueline, Marie-Catherine, Claudette, Monique et sa fille Jenny nous attendaient dans la chaleur de la tente, pour nous enseigner quelques uns des grands principes de la vie Innue traditionnelle.

Première leçon, il faut savoir faire la bannique (innu-pakueshikan). C’est un pain apparemment simple, mais il y a un secret : tout est dans le maniement de la pâte. Tout le groupe a tenté l’expérience, notamment Mathieu qui y a mis toute sa tendresse et sa sensualité (voir photo). En fin du compte, elle était bien bonne notre bannique, mais ces mesdames ont quand même eu la délicatesse de faire leur propre pain et nous ont laissé manger le nôtre. Nous avons aussi goûté à toutes sortes de viandes : caribou, moyak (une espèce de canard eider), lièvre et homard. Cécilia et Samouel (comme le prononce Wanny ainsi que beaucoup d’Innus) ont même poussé l’expérience jusqu’à mangé la langue du lièvre et son cerveau.

Kikine (Marie-Jacqueline) nous a ensuite expliqué que les anciens croyaient qu’en mangeant certains organes, ils acquéraient des vertus. Jusqu’à maintenant, on ne les a pas encore entendu parler en lièvre, mais restons attentifs…De plus mesdames, si vous voulez être de bonnes femmes à marier, mangez des pattes de castor… il paraît qu’elles ont des vertus spéciales !

Deuxième leçon, ce n’est pas parce qu’on est au milieu de la forêt qu’il faut se priver de beignes! Encore moins si on est des étudiants en soins infirmiers qui viennent faire de l’enseignement sur une saine alimentation… Ah et puis après tout, on était en dehors des heures de travail,  alors on s’est tous bourrés la face de beignes qu’on a fait nous-mêmes avec les Innus, et après on se roulait tous sur le dos d’avoir autant mangé !

Et dernière leçon: surveillez le feu quand vous êtes sous la tente ! Je le dis par expérience personnelle, parce que ma chevelure a failli flamber à cause d’une braise qui s’est déposée sur le coton de la tente, juste au-dessus de ma tête.

Entre temps, Kikine nous racontait comment les choses ont changé dans le mode de vie des Innus. Autrefois, il n’existait pas les maladies qu’il y a maintenant parce qu’ils étaient toujours actifs : ils devaient trouver la nourriture et fabriquer leur toit. Ils croyaient aux esprits des animaux et des éléments, et ces croyances étaient préservées par les échanges constants entre les anciens et les jeunes. Selon Kikine, c’est lorsque  le gouvernement a offert des maisons aux Innus que la communauté a vécu de profonds changements. En passant à un mode de vie sédentaire,  l’obésité et le diabète ont explosé dans le village. Les ski-doo et les VTT ont remplacé la marche en raquettes. Les loisirs aussi ont changé et ne favorisent plus autant l’activité physique (télévision, jeux vidéo, internet). Même la relation avec la nature est différente pour la nouvelle génération: le catholicisme a remplacé la sacralisation de la nature que concevaient les anciens. Cette nouvelle génération a un profond respect pour les Anciens. Cependant, elle n’est pas particulièrement intéressée à recueillir cet ancien savoir, selon Kikine. Malheureusement, on perd la trace de nombreux rituels et croyances autochtones depuis les changements dans le mode de vie. Les Anciens ne sont intéressés qu’à les transmettre de façon orale à leurs enfants seulement. Ils ne veulent pas être filmés d’après Kikine et ses collègues.

Et puis ces gentilles dames nous ont amenés faire un tour sur la route présentement en développement, qui devrait bientôt relier La Romaine à Natashquan. On ne pouvait pas avoir meilleure visite guidée : tous collés dans la boîte du pick-up de Kikine (et oui, pas de ceinture de sécurité ou casque) , on avait une vue panoramique sur le paysage de la Basse-côte-Nord. Et on a avalé une bonne tasse d’air ! Pour les Innus, cette route ne laisse personne indifférent. Certains y voient une porte d’entrée pour le fléau des drogues dures et de l’alcool moins cher, alors que d’autres y voient la possibilité pour les jeunes d’ouvrir leurs horizons et d’augmenter leurs opportunités.

Puis, dimanche, après une nuit de digestion, nous étions prêts à partir explorer la Toundra avec le prof d’éducation physique de l’école Olamen, Stéphan, ainsi que ses 2 chiens, Baccus et Grelot. Le comportement de ces 2 chiens nous a fait bien rire : Baccus, un énorme berger allemand, avait le drôle de TOC de déraciner les petits arbres, et Grelot était franchement hyperactif. Nous avons marché pendant 2 bonnes heures dans le sable, la bouette et le lichen, puis nous nous sommes arrêtés pour pique-niquer sur une falaise devant une grande rivière. La vue était époustouflante et Stéphan a pris d’excellentes photos de nous avec son énorme lentille télescopique… c’est un vrai photographe ! Dommage pour nous qu’il n’utilise pas photoshop !

Nous nous souviendrons longtemps de ce bon temps passé avec les Innus. La beauté des paysages, la richesse de leur culture et surtout leur bel esprit familial et leur grande gentillesse, nous ont fait voir le beau côté de La Romaine. Après la semaine que nous venions de passer (voir l’article sur l’école Olamen) et la réalité quotidienne d’un dispensaire de soins de santé, nous avions bien besoin de voir un peu ce qui fait que la vie continue ici.

Myriam, xx

ShaputuanShaputuan
Sans nomSans nom
Les bases de la banniqueLes bases de la bannique
On met la main à la pâteOn met la main à la pâte
Sans nomSans nom
Sans nomSans nom
Sans nomSans nom
Il faut essayer aussi les beignetsIl faut essayer aussi les beignets
La bannique qui cuitLa bannique qui cuit
Notre productionNotre production
Lièvre, moyak, caribouLièvre, moyak, caribou
Tête de lièvre - très bonTête de lièvre - très bon
Samuel sSamuel s
Marie-JacquelineMarie-Jacqueline
Sans nomSans nom
La tente en feu - oupsLa tente en feu - oups
Sans nomSans nom
Diane soupèse lDiane soupèse l
Il faut brûler le duvet et la peau, ça fait partie de la préparationIl faut brûler le duvet et la peau, ça fait partie de la préparation
Marie-Jacqueline admire son Innu Assi ou territoireMarie-Jacqueline admire son Innu Assi ou territoire
Voici la fin de la route 138 du côté de La RomaineVoici la fin de la route 138 du côté de La Romaine
La rivière OlamenLa rivière Olamen
Sans nomSans nom
Stéphane et BaccusStéphane et Baccus
La toundraLa toundra
Tout le monde à queue-leu-leu pour éviter de détruire la floreTout le monde à queue-leu-leu pour éviter de détruire la flore
Baccus et ses racinesBaccus et ses racines
GrelotGrelot
Sans nomSans nom
Mathieru qui sMathieru qui s
Vue dVue d
MathieuMathieu
ÉmilieÉmilie
SamuelSamuel
Cécilia et ÉmilieCécilia et Émilie
Les rapides de la rivière OlamenLes rapides de la rivière Olamen

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