Blogue de La Romaine

Stages en soins infirmiers

Affichage des billets marqués Médecins

Bonjour à tous,

Je veux vous faire part d’un cas intéressant que j’ai eu aujourd’hui au dispensaire. Un homme s’est présenté avec une bursite au niveau du coude et une autre au niveau du genou.

Pour ce qui est de la bursite du coude, elle est secondaire à une chute que le patient a fait sur sa chaloupe. Il y avait un épanchement de liquide au niveau du coude qui causait une masse molle et que l’on pouvait faire bouger. Le déplacement de cette masse ne causait pas d’inconfort au patient. Par contre, il ressentait de la douleur lorsqu’il faisait des mouvements de flexion et d’extension avec son avant-bras. Pour le soulager, il a fallu que le médecin (qui est ici pour la semaine) fasse une ponction du liquide (qui était sérosanguin) et une injection de cortisone et de xylocaïne 2%.

Pour ce qui est de la bursite au genou, elle est résiduelle au fait qu’il travaille beaucoup à genoux. C’était une masse dure et non maléable. Il avait ce qu’on appelle des genoux de ménagère. Le médecin n’a pas eu a faire une ponction, mais seulement une injection de cortisone avec de la xylocaïne 2%.

Je vous laisse un lien Internet pour voir ce à quoi ressemble une bursite au niveau du coude : http://www.chirurgie-orthopedie-chanzy.com/chirurgie-orthopedique/hygroma.php

Merci à tous de suivre nos aventures, de lire nos articles et nous laisser des commentaires. :)

Véronique

ORL

1 commentaire

Salut tout le monde,

Je trouve vraiment intéressant de lire vos commentaires à nos articles et tant mieux si c’est apprécié! Pour ma part, j’ai beaucoup de plaisir dans ce stage et j’essaie d’en apprendre le plus possible. Les journées sont bien remplies et on a la chance de voir beaucoup de cas différents, ce qui développe la rapidité d’esprit et la capacité à faire des liens. Actuellement, pour les examens cliniques, nous nous jumelons deux étudiants ensemble et nous faisons les consultations seuls, en allant toujours valider par la suite avec Cécilia ou une autre infirmière. On commence à maîtriser les divers examens, ce qui permet de faire une évaluation complète et plus précise du patient. Par exemple, il y a toujours un certain ordre à suivre quand le patient se présente pour ce qui ressemble à un problème respiratoire. Voici un résumé de l’examen et des observations:

-Prendre les signes vitaux

-Faire un examen otoscopique: Ici, les patients ont tendance à produire beaucoup de cérumen, ce qui rend l’examen quelque peu difficile parce que le tympan et le cône lumineux ne sont pas facilement visualisables.

-Évaluer les rhinorrhées (écoulements) Si congestion, par exemple, on peut procéder à la palpation et la percussion des sinus paranasaux et frontaux, qui se révèlent positifs si le patient ressent de la douleur ou du moins de la sensibilité. On procède aussi à la translumination des sinus, qui est un bon indicateur.

-Procéder à l’examen visuel de la gorge (évaluer si rougeur ou oedème des amygdales, si la luette est en position médiane, ou s’il y a présence de dépôts blanchâtres sur la langue, entre autres) évaluer la toux (type, présence ou non d’expectorations)

-Examiner le cou:  palper afin de détecter une  hypertrophie des ganglions (signe d’infection) et évaluer la souplesse du cou

-Ausculter le coeur: Vérifier s’il y a présence d’un souffle et B1B2

-Ausculter les poumons et évaluer s’il y a une bonne entrée d’air

En faisant ces examens, j’apprends à suivre un ordre qui structure mes pensées et mon évaluation, donc qui me permettent d’orienter mes impressions sur le problème de santé.  C’est important en particulier lorsqu’on fait une CMT (communication médicale téléphonique), parce que comme nous a dit un médecin, nous sommes leurs yeux et leurs mains, étant donné qu’ils ne voient pas eux-mêmes le patient. Afin qu’il puisse poser un bon diagnostic, il faut qu’on leur communique clairement les infos recueillies en suivant un ordre précis, comme expliquait Samuel dans un  article précédent. On doit aussi orienter le diagnostic vers nos propres impressions, parce que le fait de trop dire de détails moins pertinents peut brouiller les cartes pour le médecin. Certains prennent le temps de nous dire, une fois que l’on a terminé de faire un résumé de la consultation, ce qu’on aurait pu dire autrement ou de quelle façon il aurait préféré recevoir telle information. C’est très pédagogique de recevoir ce feedback, afin de nous permettre de nous corriger.

Emilie Dufour

Christiane, Odile et Anna durant le rapport.Christiane, Odile et Anna durant le rapport.
Moi et Odile en avant. Denis, Judith, Wannie et Colette en arrière.Moi et Odile en avant. Denis, Judith, Wannie et Colette en arrière.
Sans nomSans nom
Denis et MamadouDenis et Mamadou
Sans nomSans nom
Sans nomSans nom

Le personnel infirmier vient de l’extérieur de La Romaine. Il n’y a pas d’infirmière Innu ici. Peut-être un jour…La demande est grande pour venir travailler en région éloignée. Mais il y a une pénurie d’infirmières partout.

C’est un travail que j’aime beaucoup. Le rôle élargi. Il requiert un grand sens de responsabilités, une bonne dose d’autonomie et de débrouillardise, de bonnes connaissances, une grande ouverture face aux autres cultures, de belles capacités de communication. Apprendre quelques mots de la langue Innu est un atout certain. Qui n’aime pas se faire dire bonjour et merci dans sa langue ? C’est, je crois, une belle marque d’intérêt pour la culture des gens d’ici, bien que minime:

  • Kuei! – Bonjour !
  • Eshe – Oui
  • Mauat – Non
  • Tshinashkumitin – Merci (Je te remercie)
  • Tan eshpanin? – Comment ça va ?
  • Niminupanin – Ça va bien
  • Un – Peiku
  • Deux – Nishu
  • Trois – Nishtu
  • Quatre – Neu
  • Cinq – Pateta
  • Homme – Nâpeu
  • Femme – Ishkueu
  • Eau – Nipi
  • Manger – Mitshu

Voici un lien pour aller en apprendre un peu plus sur la langue amérindienne, vocabulaire, prononciation…:  http://www.native-languages.org/montagnais_fr.htm

On vient ici avec tout notre bagage professionnel et personnel. Certains ont beaucoup travaillé à l’urgence, en cardiologie, en médecine-chirurgie, en santé communautaire, en santé-sécurité au travail, en obstétrique, dans d’autres communautés éloignées…En plus, Hélène est excellente en soins de pieds, Christiane, en soins de plaies,  Denis est l’expert des différents tests d’évaluation et adore enseigner,  Mamadou est « cool » et sait dédramatiser, Odile connaît très bien la signification de « compassion » et est l’experte des tests Pap (HaHa). Judith qui nous initie au Wii-Fit. Wannie et Colette viennent d’arriver. C’est leur première expérience en région éloignée. Anna est la doyenne. Elle a tout un bagage de connaissances.

Comme c’est une grosse communauté, il y a donc plusieurs infirmières au centre de santé Unamen Shipu (La Romaine). Dans les communautés plus petites, il y en a moins à la fois. On profite donc des compétences de tous et chacun.

Vous remarquerez qu’il n’y a pas de médecin résidant à plein temps à La Romaine, comme aussi dans la plupart des communautés éloignées. On les appelle à Blanc-Sablon lorsque nécessaire. Et il viennent aussi quelques semaines à la fois.

Voici une idée du déroulement d’une journée de travail :

  • On débute à 8h30 sauf les jours de prélèvements, où on commence à 7h30. Et on termine habituellement vers 17h, sauf s’il y a affluence.
  • On se donne des rapports le matin sur ce qui s’est passé en soirée et durant la nuit, ou durant la fin de semaine si c’est un lundi. Le moment du rapport n’a pas besoin d’être pénible, comme on le voit bien dans une des photos.
  • On voit les patients de tous âges, qui se présentent à la clinique, avec ou sans rendez-vous. Les problèmes de santé sont variés, bénins à graves, aigus ou chroniques, physiques ou mentaux.
  • On fait le suivi des femmes enceintes. Pour ceux qui se le demandent, elles n’accouchent pas ici normalement. Les femmes enceintes résident à Sept-Îles dès leur 37e semaine de grossesse et accouchent à l’hôpital.
  • On fait aussi des visites à domicile pour les personnes qui ont de la difficulté à se déplacer à la clinique.
  • On assure le bon fonctionnement des différents programmes de santé publique, comme la vaccination par exemple.
  • Normalement, quand c’est possible, on fait de l’enseignement à l’école sur la sexualité, alcoolisme et toxicomanie, hygiène de vie…Mais il y a longtemps qu’il n’y en a pas eu ici, à cause de la pénurie d’infirmières. À venir donc.
  • Lorsqu’un patient à besoin d’être transféré d’urgence à l’hôpital, on le stabilise et on souhaite qu’un avion puisse venir et atterrir au petit aéroport de La Romaine. Ce n’est pas toujours possible, à cause des conditions météorologiques. Dans ces cas-là, on s’occupe du patient de notre mieux en attendant de pouvoir le transférer. Et dès que c’est possible, une infirmière accompagne toujours le patient.
  • On se fait des séances de pratique, pour être prêt si on en a besoin.

Ceci n’est qu’un bref aperçu de ce qu’on fait au centre de santé. Vous pouvez aller voir le site de Santé Canada – Santé des Premières nations, des Inuits et des Autochtones, pour compléter ces informations. Sur ce site, vous verrez aussi des guides d’évaluation clinique très utiles.

Bien sûr, il y a aussi plusieurs personnes de la communauté qui assurent d’autres services dont le travail social, l’approvisionnement, le transport, la gestion des rendez-vous par exemple. Ces personnes sont essentielles au bon fonctionnement du centre et de ses programmes.

Powered by WordPress © 2013 Blogue de La Romaine Thème de SRS Solutions adapté par la DiSTI